Le Dernier Héraut Mage tome 1 : La Proie de la Magie, Mercedes Lackey


" Le jeune Vanyel est l’Héritier du Domaine de son père. À ce titre, on attend de lui qu’il se comporte comme les guerriers de sa famille. Mais le jeune homme, beau et fragile, n’aspire qu’à la musique dans laquelle il se réfugie. Méprisé par son père et ses frères, il est envoyé auprès de sa tante Savil, Héraut-Mage chargée de reprendre en main son éducation.
Mais ce sont des leçons bien différentes qu’il y recevra : là-bas, Vanyel va plonger dans les intrigues de cour, et rencontrer l’amour. Un amour profond et absolu, qui lui fera découvrir ses propres Dons magiques… impossibles à contrôler, même par Savil. Or, tant que Vanyel n’aura pas appris à les maîtriser, ils menaceront non seulement sa vie, mais aussi tout Valdemar."

Je ne sais plus comment j'en suis arrivée à acheter ce tome, quoi qu'il en soit, avec les excellentes notes et critiques (plus la bénédiction de Marion Zimmer Bradley en début d'ouvrage) je ne voyais pas le truc arriver. Et pourtant, elle était de retour... la romance insupportable ! Je vais croire que je n'ai pas de chance cette année entre Les étoiles de Noss Head et Le Livre perdu des sortilèges, c'est le troisième où on me sert une histoire d'amour dégoulinante et tellement naïve qu'elle semble sortie de l'imagination d'un adolescent (je dis ça sans condescendance, mais là on est dans le fantasme pur), et des personnages tellement gentils que j'ai envie qu'ils leur arrive des crasses, rien que pour prendre un peu de force de caractère ! 

Mais revenons-en au début : le récit commence bien ! Le héros sort un peu des clichés habituels (ça va pas durer...), Vanyel est un héritier sensible, musicien, et n'entre pas dans les cases de virilité des personnages de ce type. Chez lui c'est pas vraiment la joie, et on le sent petit à petit sombrer dans la dépression sévère. On se prend à s'inquiéter pour lui, bref, ça fonctionne. Jusqu'à ce qu'il soit envoyé vers sa tante Savil, et qu'il rencontre son "amour à vie" (soupir) : c'est parti pour des pages et des pages apitoiements, de lamentations (voire de victimisation si, si) etc. 

L'histoire d'amour encore une fois nous est imposée et n'est même pas préparée : l'un des deux tombe tout de suite amoureux, et l'affaire est réglée en un ou deux chapitres. Pas que je sois fan des relations où les personnages se tournent autour pendant des plombes, mais là c'est de nouveau un schéma : coup de foudre, je t'avoue mes sentiments, toi aussi, nous sommes des âmes sœurs (ba oui c'est évident !), pour moi c'est vraiment une vision infantile des relations amoureuses. Sans parler des dialogues sirupeux à base de surnoms ridicules et de "jamaisjeneteferaisdemal" et blablabla... On a pas le temps de s'attacher, d'autant plus que tout tourne autour de Vanyel. Tout le monde s'inquiète de manière démesurée et constamment pour lui : mais après tout, ce sont des personnages de pouvoir qui n'ont certainement rien de mieux à faire (désolée pour le sarcasme).

Concernant l'univers, je dirais qu'il est relativement classique pour de la fantasy. Malheureusement la magie n'est pas souvent expliquée, et l'auteure se (me ?) perd dans des descriptions plus techniques qu'autre chose concernant l'utilisation de la magie : du coup même cet aspect là ne m'a pas vraiment intéressée. Pour terminer sur l'univers, on découvre vers la dernière partie un décalque un peu grossier des cités elfiques de Tolkien (un peu de Fondcombe et de Lorien en gros) pour l'un des peuples.

J'arrive peut-être au pire, la narration : j'ai eu l'impression de passer mon temps dans la tête de Vanyel qui, au mieux déprime, au pire alimente son désespoir. Et même si on est avec un autre personnage c'est pas grave ! Parce qu'il ne sera question presque que de Vanyel. FA-TI-GUANT. De fait, on a droit beaucoup de longueurs : presque toutes ses pensées et le moindre de ses faits et gestes sont explicités, et même répétés. D'ailleurs en parlant de répétitions, on trouve des "Oh Dieux !", "Dieux !" à presque CHAQUE PAGE ! Sérieusement ?! Non seulement c'est ridicule, parce que plus rien ne paraît inquiétant si à chaque fois on nous donne l'impression qu'il se passe un truc grave, mais en plus c'est juste maladroit. Ajoutez à cela des envolées lyriques de pathos, j'avais envie de regarder n'importe quel film trash histoire de m'en remettre. Et pour terminer, sans spoiler, deux scènes de combat s'annonçant comme bad-ass arrivent à la fin et ne durent chacune... qu'un ou deux paragraphes ! J'étais bien énervée, parce que franchement, là où ça aurait pu devenir un peu cool, l'auteure bâcle complètement ces scènes pour à nouveau nous plonger dans les pensées tourmentées de son héros, DAMNED.

L'auteure aurait vraiment gagné à manier l'ellipse bien plus souvent, car beaucoup de faits et pensées sont complètement inutiles à l'histoire, ne font que répéter les émotions des personnages, et le tout manque de légèreté. Je pense qu'il faut faire confiance au lecteur : il n'est pas stupide, peut deviner avec un indice l'état d'esprit d'un personnage (dont on a d'ailleurs pas besoin de rappeler la souffrance indiciiiible toutes les deux minutes...).

Vous l'aurez compris, je commence à être fatiguée de ce genre de lecture, d'autant plus que pour les deux romans que j'ai cités plus haut, j'ai l'impression qu'on me vend quelque chose de différent au début, avant de complètement tomber dans la guimauve et les longueurs par la suite. DONC je me sens arnaquée, DONC je ne suis pas contente, évidement. 

Encore une fois, pour les personnes qui aiment cette saga (et il y en a un paquet apparemment !) ne le prenez pas mal, si ces livres vous plaisent j'en suis heureuse, mais je ne peux pas m'empêcher d'être un peu raide avec des déceptions...

En espérant que ma prochaine lecture sera la bonne, à bientôt ;)



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