Vampire (et Aspirine)

Et non, je ne me suis pas trompée en mettant une majuscule à Aspirine, et je n'ai pas essayé de faire de l'humour, car on va bien parler d'un de mes dessinateur/auteur préféré : Joann Sfar, auteur de Vampire, mais aussi d'Aspirine, sorti il y a peu, et issu du même univers que Vampire...
Bref, ça va parler vampires, goules et golem...


J'imagine que vous avez déjà entendu parler du prolifique Joann Sfar, de part ses b.d (Petit Vampire, Donjon, Le chat du Rabbin...), livres ou même films (Gainsbourg, une vie héroïque). J'ai choisi de parler de Vampire :


 Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, on suit ici Fernand, vampire au look de Nosferatu, dans ses pérégrinations nocturnes, ses rencontres incongrues et sa recherche de l'am... Heu de la tranquillité en fait ^^ Ne vous attendez pas à suivre une histoire bien balisée, avec une trame précise et claire parce que ça part dans tous les sens. Joann Sfar applique une totale liberté au récit et à ses personnages. On passe parfois du coq à l'âne, on laisse des histoires/personnages de côté pour aller dans une toute nouvelle direction. Pas mal de personnes le lui reproche (en plus du fait de ne pas souvent terminer ses séries), mais en même temps est-ce que ce n'est pas ce qu'il y a de plus réaliste ? On croise des gens, on s'y attache, on les oublie, on achève pas certains projets... Et Vampire s'inscrit dans ce flux, qui, si il peut dérouter, n'en est pas moins justifiable.

Concernant le style c'est très poétique : le trait est fin et les coloris se marient avec les personnages, on change de ton et de gamme de couleur selon le récit ou les événements... Ça fourmille littéralement et rend ce monde où morts et vivants se côtoient terriblement... ba vivant justement ;) Comme une illustration vaut parfois mille mots, voici quelques exemples :
Le style varie aussi entre le premier et les derniers tomes...
La fameuse Aspirine ;)

Cette pleine page que je trouve magnifique.



Après tout est question de goût, pour ma part, j'ai trouvé l'atmosphère suffisamment mystérieuse et rêveuse, comme si tout pouvait arriver. C'est vraiment un énorme coup de cœur que je relis tous les ans.

J'ai bien parlé de Vampire, attaquons nous maintenant à Aspirine, sorti il y a peu de temps donc...

Déjà qui est-elle ? C'est ce personnage de vampire condamnée à rester une adolescente éternelle, et pas n'importe quel type d'adolescente : celle qui est en rage contre la société, mal dans sa peau, s'ennuyant continuellement, et se sentant inférieure à sa grande sœur de 23 ans, sublime dans son corps de femme et sûre d'elle même. Ça peut paraître caricatural comme postulat de départ, mais ça permet à Joann Sfar de développer sur les angoisses propres aux adolescentes et aux femmes de manière générale. Du coup, on s'attache très vite à Aspirine et sa sœur, dont la force et l'indépendance ne se suffisent pas à elles-mêmes : elles ont besoin l'une de l'autre, mais aussi... des hommes ;)
Si la galerie masculine proposée par Sfar n'est pas très reluisante, quelques uns sortent du lot, des paumés comme elles, avec leurs défauts, mais aussi un naturel désarmant : j'ai beaucoup aimé le personnage d'Ydgor, jeune étudiant joueur de jeux de rôle, et exposant de manière touchante, ce que peut être ce sentiment de grande solitude pour beaucoup de jeunes étudiants.
C'est un autre point qui m'a plu : le contexte. On est à la fois dans un Paris magique : la nuit, sur ces magnifiques toits d'ardoise comme seul Joann Sfar sait le faire, et un Paris désenchanté : la tristesse du métro, la solitude, la violence. Il y a de petites touches évidentes au féminisme, et Sfar montre qu'un homme peut tout à fait se mettre à la place des femmes et être lucide sur ce qu'elles peuvent endurer. Il développe le besoin que nous (hommes, femmes et vampires ;) avons d'être ensemble malgré tout. A l'heure où, de part et d'autre, on entend que sous prétexte de toutes les différences possibles et imaginables entre êtres humains, on ne pourrait plus se comprendre... Le discours de Sfar fait du bien je trouve (c'était la minute "Aspirine indignée", merci^^).

Conclusion : Pour ces deux ouvrages je dirais que tout est question de goût, que ce soit pour le trait ou le style narratif, vous aurez compris que de mon côté ce sont des coups de cœur. Le mélange des genres est vraiment efficace, n'hésitez pas à l'emprunter ou le feuilleter en librairie si vous en doutez ;)


6 commentaires:

  1. Pourquoi pas le feuilleter en librairie, oui, pour m'en faire une idée plus précise. Pour le moment, j'ai du mal avec les illustrations, mais suis tentée par l'univers.

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    1. Oui je comprends, moi aussi ça m'a fait un peu bizarre au début, j'étais plus habituée à un trait rond, mais l'univers est tellement original que j'en suis venue à aimer le dessin (et les coloris surtout). Après je comprends qu'on aime pas non plus, faut jamais se forcer ;)

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  2. Je crois que je n'ai lu aucune des BD de Joann Sfar. Pourtant ce n'est pas faute d'être intriguée. Mais j'ai vraiment une culture en bande dessinée absolument déplorable. En tout cas, je me note ces deux-là, ils ont l'air très cool.

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    1. Ah je peux pas dire que je sois une spécialiste rassure-toi ! ^^ Après tout dépend du genre d'histoires que tu préfères, j'espère que tu ne seras pas déçue ;)

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  3. Je connais bien sûr l'auteur, mais je ne me suis jamais plus intéressée à ses livres. Les dessins me rendent assez curieuse, même si ce n'est pas forcément ce que je préfère à la base. Mais pourquoi pas tenter :)

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    1. Je comprends ! Et je t'avoue que ses dessins me laissaient un peu de marbre au début, mais une fois que j'ai eu commencé je me suis mise à les adorer ^^ Après je pense que le ressenti peut vraiment dépendre des personnes...

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