Chronique perso. Mes études d'histoire de l'art et l'emploi : une blague ?

mars 07, 2018
     C'est donc un article plutôt spécial que je vous propose... Je n'ai clairement pas créé ce blog pour parler de moi ou de mes études, mais sa naissance est tout de même lié à celles-ci puisque je l'ai fait aussi pour occuper mes périodes (non désirées) de chômage... En lisant le titre vous aurez compris qu'il s'agit, en partie, d'un coup de gueule, et je vais vous développer tout ça, à base de GIF et de lolitude : c'est parti !

La naïveté de ma première année de licence... J'aurais dû jeter plus de pièces dans la fontaine !
Tout d'abord (et rapidement promis) mon parcours : un BTS en Tourisme, une licence d'Histoire de l'Art et un Master de Recherche en Études Médiévales. Il va s'en dire que j'ai travaillé tous les étés, puis toutes les années pendant mes études. Sachant que le milieu des musées / patrimoine historique était réputé (!) difficile d'accès, j'ai multiplié les stages et les emplois étudiants pour m'insérer le plus rapidement possible après mes études. J'avais donc un bagage assez solide et j'ai eu de la chance au début... J'ai exercé, dans un musée des Beaux Arts régional, le métier de médiatrice culturelle, qui était vraiment passionnant (et éreintant car on est ici dans un cas d'exploitation total payé une misère) mais, comme il s'agissait d'un emploi étudiant, on te dit gentiment bon vent pour recruter de nouveaux étudiants haha! Heureusement, j'avais fait un stage dans un autre musée qui m'a rappelé pour un contrat de 10 mois pour un chantier de récolement (en gros c'est une vérification d'inventaire assez poussé des objets conservés dans un musée), bref tout roulait... La fin de ce contrat correspondait avec les écrits des concours d'assistant et attaché de conservation (avec une concurrence de malade) que je passais et j'avais eu les écrits ! 

Et on sait comment ça se termine tout ça...

Une période bénie qui a vite pris fin vous me voyez venir... Puisque, non seulement, j'ai eu un gros problème de dos qui a duré un moment mais en plus je n'ai pas eu les oraux desdits concours, qui, soit dit en passant, ne vous donnent même pas un emploi puisqu'il vous faut chercher ensuite par vous-même une collectivité qui accepte votre concours (et ce avec un délai de trois ans, sinon vous les repassez... THIS IS MADNESS !!! THIS IS SPARTA !!!). Ajoutez à cela une bonne grosse période de chômage de presque un an, voir toutes ses demandes d'emploi refusées, j'ai compris que la fête était finie. Bon, celles et ceux qui sont dans le milieu me diront que j'ai été naïve : NON. Je savais clairement que ça allait être difficile, surtout en voyant mes anciens camarades galérer autour de moi, mais le discours de mes profs et anciens collègues était que si tu avais fait beaucoup de stages et d'emplois ça irait forcément ! 

Et le verre d'alcool a toute son importance croyez-moi.

Et bien... Non. Et là ça a été le festival : emplois saisonniers ennuyeux (mais bon pas le choix hein) puis retour au chômage, aux refus, alternant avec des propositions d'emploi à la limite du foutage de gueule ou de l'exploitation (ou les deux, combo.) et pôle emploi qui vous propose des formations de serveuse (attention je ne critique pas ce métier loin de là ! Mais bon, si j'avais voulu travailler dans ce milieu ba je l'aurai fait !). 

Moi en lisant les mails de Pôle Emploi.

Tout ça combiné à quelque chose que je n'ai pas encore abordé : l'ambiance et les relations professionnelles dans le milieu du tourisme/patrimoine. Alors tout n'a pas été horrible mais, mis à part quelques exceptions, vous vous retrouvez bien souvent avec un boulot où on vous exploite en vous expliquant que vous avez de la chance d'être là, avec des chefs pas toujours compétents (combien de fois j'ai eu des responsables médiocres, qui n'avaient même pas un diplôme d'histoire ou d'histoire de l'art !) qui vous traitent avec condescendance... Heureusement, j'ai eu aussi des chefs (souvent des conservateurs) passionnants et bienveillants, des collègues compétents et m'aidant dans ma formation, mais malheureusement pas la plupart du temps. Et franchement, il règne une belle mentalité de m**** dans ce milieu.

Je dédis ce gif à beaucoup de personnes :)

Bref, si j'écris cet article c'est aussi pour toutes les personnes qui souhaitent se lancer là-dedans : non je ne veux pas vous dégoûter, j'ai adoré mes études qui ont été passionnantes et je ne regrette pas (bizarrement...). Et croyez moi, les jeunes qui démarrent dans ce boulot sont passionnés, aiment ce qu'ils font, ne comptent pas leurs heures, ni leur salaire... Mais si j'avais su ce qui m'attendais j'aurais fait tout de suite ce que je m’apprête à faire : passer le concours de professeur des écoles. Car il faut se faire une raison : dans les régions l'argent manque pour la culture, et les postes sont bien souvent affaire de copinage (d'où des personnes n'y connaissant rien se retrouvant à des postes fait pour les étudiants d'histoire de l'art...), ou alors vous avez de la chance (non je plaisante), et vous acceptez de vous faire exploiter pendant des années avec un salaire de misère (et je ne parle pas du SMIC à temps plein qui est le Graal pour nombre d'entre nous !) et où on vous fera miroiter un poste, un jour... (en-dessous de vos capacités cela va sans dire). Et dans les grandes villes c'est pas mal non plus : oui il y a plus d'emplois (précaires !) mais plus de concurrence aussi...

Tout est dit.

Je m'arrête là, mais je me doute bien que dans beaucoup d'autres domaines les difficultés sont aussi présentes ! Si je vous écrit tout ça c'est pour me défouler c'est aussi pour rassurer ceux qui galèrent (vous n'êtes pas seuls !), et j'espère, vous donner quelques conseils avant d'entreprendre ces études... Je vous souhaite à tous de réussir dans votre milieu, et si ce n'est pas le cas, dites-vous que rares sont ceux qui réalisent exactement ce qu'ils avaient prévu... Bonne chance ! ;) 



8 commentaires:

  1. Merci pour ton article il est génial mais triste pour ce secteur et cette filière. *j'adore les gifs du seigneur des anneaux ��*
    Pour ma part je vais vers la fin de mon bac+5 je l'ai pas vu venir et après une errance dans différences filières de 9 ans, je commence à flipper pour mon avenir.
    Cependant je veux faire l'étape thèse/doctorat. Mais je ne me fais pas d'illusions et je vais dire "allons, laissons nous porter par le vent..." j'ai beaucoup d'amis en histoire de l'art. Moi je suis en histoire tout court et c'est aussi bouché !Je tente le capes et lagreg et advienne que pourra.
    Je me demandais questce qui te pousse à devenir prof des écoles ? Tu le voulais déjà avant ? J ai fait quelques stages en collège et lycée et ça m'a à la fois beaucoup déçue et beaucoup plue mais j'ai vu mes tutrices de stage exténuées... j'ai l'espoir de finir ingénieur de recherche ou chercheuse mais ça n'est vraiment pas gagné. Sinon tant pis :) tu as essayé le concours métiers de bibliothèque ?

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    1. Merci à toi pour ton retour ! Oui je me suis bien amusée avec les gifs j'avoue ^^ C'est vrai qu'il y a de l'amertume dans cet article, même si ce n'est que mon expérience, et que d'autres personnes ont certainement réussi à trouver un boulot dans le milieu, malheureusement ça a aussi été le cas de 99% de mes amis et connaissances dans cette filière...
      Ah la thèse ! Pour la petite histoire j'avais envisagé d'en faire une également et c'est mon directeur de mémoire qui me l'a déconseillé ! Alors pas parce que j'étais nulle hein, mais parce qu'il voyait bien qu'en histoire de l'art (pas en histoire je précise) ça ne menait plus à rien, sauf pour quelques élu(e)s, et qu'il valait mieux chercher du travail tout de suite (lol lol lol). Après je pense qu'en histoire les thèses sont déjà mieux financées. J'espère de tout cœur que ça marchera pour toi et que tu t'épanouiras dans tes recherches ! Mais c'est vrai que je ne peux que te conseiller de préparer les concours à côté car, même si ce n'est pas l'idéal, au moins ça fait manger ^^
      Alors ce qui me pousse à faire professeur des écoles c'est que : d'une part je n'ai pas les connaissances suffisantes pour passer le CAPES d'histoire, soyons honnêtes, et que le concours de prof des écoles te permet de rester dans ton académie héhé en plus j'ai une amie qui l'a passé après un an de formation et ça l'a fait donc je me dis pourquoi pas moi ?! J'ai déjà pas mal bossé avec des classes quand j'étais médiatrice et ça me plaisait bien, pour moi c'est le meilleur compromis entre mes études et un emploi viable que j'ai pu trouvé ^^
      C'est vrai que le collège et le lycée ce n'est pas toujours facile (mon copain est prof en lycée pro...) et ça dépend beaucoup des équipes d'encadrement et de direction qui vont t'aider (ou pas) à maintenir la discipline et te soutenir en cas de besoin... C'est un peu la loterie quoi.
      Alors pour le concours de bibliothèque en fait c'est le même que j'ai passé il y a deux ans : c'est assistant de conservation du patrimoine et des bibliothèques (après il y a une option à choisir), donc filière également blindée. J'ai essayé (en vain) de trouver un petit job dans les bibliothèques / librairies, mais sans au minimum un DUT métiers du livre personne ne te prends, et oui...
      Désolée pour le pavé ! Je croise les doigts pour toi et te souhaite le meilleur ! Vive l'Histoire !!!

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  2. Alors je te souhaite aussi que professeur des écoles te plaise. J'aurais beaucoup aimé ce type de profession car ça laisse pas mal de champs libre à la créativité d'un prof dans plein de différentes matières ♡
    Je trouve que la situation en France est vraiment grave. Aux US ou ailleurs le statut d'universitaire est plus sous le régime normal du travail et non pas "fonctionnaire". En France il y a un gros souci avec ça... ça bloque les choses, tant dans le recrutement que dans le choix des nouvelles têtes à recruter justement.
    Beaucoup de personnes que j'ai vues occuper des postes importants dans le milieu de l'histoire de l'art sont passées par les grandes écoles (normale sup, ehess ou chartes) et c'est quelque chose qui me dégoute encore un peu, ce système très jacobin de l'éducation + le pistonage bien réel + le système qui ne fait passer que les gens issus de grandes écoles.
    Pour le CAPES je pense ne pas avoir le niveau non plus (mwhaaha pourquoi ai je choisi ce concours ????) Je n'ai pas fait de licence d'histoire ni de géo. Mais je me rattrape cette année avec les questions au programme qui sont PASSIONNANTES.

    Je te dis bon courage �� encore merci pour ton témoignage. Il faut que ça bouge que ça change. C'est triste de faire plus de 5 ans d'études pour se retrouver à choisir un métier différent. Ça me saoule pour toi et pour tous les autres ! ��

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    1. Tellement d'accord avec toi ! Et sans parler des moyens financier pour les études : alors oui heureusement en France les universités ne sont pas trop (!) chères, mais on a pas tous les moyens non plus d'aller faire l'école du Louvre sans compter que tout le monde ne peux pas intégrer les grandes écoles... Bref, encore merci pour ton soutien, bon courage surtout, je te souhaite vraiment de pouvoir vivre de ta passion !

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  3. Je ne connaissais pas du tout les difficultés de ce milieu, ton article est intéressant et c'est triste en même temps de voir les galères possibles après les études. Pour ma part je fais des études de sciences du langage pour passer le concours de professeur des écoles aussi ^^ Bon courage à toi :))

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    1. Sciences du langage : ça doit être super intéressant ! En même temps si j'étais millionnaire je crois que je passerai ma vie à faire des études ^^ J'espère que tout se passera bien pour toi, merci pour ton message et qui sait, peut-être futures collègues ! ;)

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  4. Je comprends tout a fait ton coup de gueule, j'ai d'ailleurs longtemps hésité à faire histoire de l'art mais ma prof de l'époque m'avait bien fait prendre conscience qu'un métier à en retirer était compliqué... Quel dommage mais tant que tes études t'ont passionné et ouvert l'esprit, je pense que c'est une bonne chose à en tirer :)

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    1. Oui c'est ce que je reproche un peu au système universitaire et à nos profs qui ne nous ont pas du tout formé, ni informé concrètement sur les métiers, concours, débouchés...
      J'ai l'impression que c'est un peu tabou car sinon il y aurait beaucoup moins de monde et donc ça justifie leurs postes. Mais au delà de ça je ne regrette pas car j'ai énormément appris, que ce soit en connaissances pures ou en méthode de travail scientifique, en réflexion. J'ai pu quand même faire des stages et des jobs intéressants, voir et toucher des objets, œuvres... Je ne me pourrirai pas la tête avec des regrets ^^ Merci pour ton retour !

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