"Arrête avec tes mensonges", Philippe Besson



" Quand j’étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : « Arrête avec tes mensonges. » J’inventais si bien les histoires, paraît-il, qu’elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J’ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier. Aujourd’hui, voilà que j’obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre. Autant prévenir d’emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale. Mais un amour, quand même. Un amour immense et tenu secret.

Qui a fini par me rattraper."

Je change de mes lectures habituelles, avec un roman plus mature, et un ton bien plus dramatique. Nous suivons l'auteur, dans ce récit autobiographique, relatant sa relation avec son premier et grand amour, à 17 ans, dans les années 80. Philippe Besson alterne avec justesse entre des moments ancrés dans le présent, l'amenant à repenser à son amour de jeunesse, et avec ses souvenirs, toujours exposés sous le prisme de son regard d'adulte, rendant le récit encore plus touchant. Une très grande nostalgie se dégage du roman, l'auteur rappelle à plusieurs reprises les différences entre sa jeunesse et la jeunesse actuelle, l'ennui, la communication... et pourtant elle pourrait être la nôtre, ne serait-ce que par la précision avec laquelle il analyse son état d'esprit d'alors. 

Malgré la rapidité du roman (une centaine de pages), l'histoire est vraiment poignante, à la fois par sa simplicité, mais aussi par les comparaisons qu'on ne peut s'empêcher d'effectuer avec ses propres souvenirs, lui conférant un caractère universel. C'est assez rare pour le mentionner, mais j'ai vraiment eu l'impression que l'auteur parlait autant de lui, que de l'adolescence de ses lecteurs, de manière très personnelle et émouvante, presque directe.

C'est la principale force de son récit, l'écriture, extrêmement sensible, touche juste à chaque fois. Les émotions et sensations relatées trouvent un écho chez le lecteur, avec d'autant plus de force que l'on sait que l'histoire est terminée depuis longtemps.

Est-il nécessaire de mentionner que ce fut un énorme coup de cœur ? J'ai rarement été aussi touchée dans une lecture, et celle-ci vous laissera un souvenir fort, peut-être même une autre manière de regarder vers son propre passé...

 

2 commentaires:

  1. Depuis mon coup de coeur pour En l'absence des hommes, j'adore me plonger dans les romans de Philippe Besson. sa plume sensible et douce me plait beaucoup. J'aimerais beaucoup lire ce livre-là.

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    1. Moi c'est la première fois que je le lisais et ça a vraiment été un coup de coeur ! Je pense que tu peux y aller sans avoir peur ;)

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