Les brumes d'Avalon : Les dames du Lac, Marion Zimmer Bradley



En suivant les pas de Viviane, Morgane, Ygerne ou encore Guenièvre, Marion Zimmer Bradley nous invite à un récit enchanteur dans la légende arthurienne, en laissant la part belle aux femmes, le tout, dans une atmosphère emprunte de mystère, de passion, et, de magie bien sûr...

Cette première chronique se devait d'être un coup de cœur, mais il s'agit aussi d'un classique de la littérature de l'imaginaire, au même titre que le non moins fabuleux L'enchanteur, de René Barjavel, dont j'espère écrire une chronique bientôt.

C'est avec délices que l'on se plonge dans cet univers, à travers une réécriture de ses mythes, qui les transcendent en y apportant une profondeur et ce, grâce à ses fabuleux personnages. Marion Zimmer Bradley réussit à nous faire ressentir une palette d'émotions sans cesse renouvelée, en nous attachant à ses héroïnes. Ce qui fait la force de ces romans, c'est de pouvoir tour à tour éprouver respect, puis indignation pour Viviane ; empathie, puis inquiétude pour Morgane... Ces femmes sont décrites avec une richesse psychologique, et surtout, un sens de la nuance que j'ai rarement pu lire dans un roman. De mon côté, j'ai adoré Morgane, tour à tour forte et fragile, ce qui en fait, je pense, le personnage auquel on s'identifie le plus.

La magie dépeinte est aussi insaisissable que les brumes d'Avalon : les rituels que Marion Zimmer Bradley nous décrit apportent une force à cet univers, le rende réel et vraisemblable. On a à la fois assez de détails sur la magie pour satisfaire notre curiosité, et suffisamment de zones d'ombres pour faire rêver le lecteur, lui laisser sa part d'imaginaire personnelle, et ce dosage en fait à lui seul en grand roman de fantasy.

J'ai été bluffé par la modernité des propos qu'on retrouve dans ce roman. Le discours féministe est subtil et nuancé, ne porte pas de jugement et est d'une grande bienveillance. De même que les sujets autour de la religion ont une résonance forte avec l'actualité : la multiplicité des points de vue, les choix des personnages et les changements d'avis de ceux-ci nous donnent à réfléchir, voir à se remettre en question...

Et puis, que serait la Légende arthurienne sans l'amour ? Au cœur du récit, motivant bien souvent nombre d'actions et de réactions, les passions s'enchaînent et on s'attache d'autant plus à nos héroïnes qu'elles nous font partager leurs émotions. Bien que Guenièvre soit un personnage difficilement attachant, on est, comme toujours, complètement envoûté par l'histoire d'amour impossible avec Lancelot (et que dire de la fameuse dernière scène du livre 1 ?!). Ces femmes, sans cesse tiraillées entre leur devoir et les passions amoureuses, déploient une énergie proprement magique et donnent un rythme haletant à leurs histoires. Je n'ai pas pu décrocher de ces deux romans avant d'avoir terminé, j'en rêvais, j'y pensais le matin et longtemps après avoir terminé !

Au-delà de toutes les qualités que l'ont peut trouver en tournant ces pages, ce sont des livres qui nous donnent envie d'être moins sévères avec les autres, tout en souhaitant être meilleur soi-même... Merci Marion, pour ce formidable voyage qui, je l'espère, continuera d'être lu encore longtemps.
Marion Zimmer Bradley (1930-1999)






2 commentaires:

  1. Franchement, c'est le genre de livre qui peut me plaire. Je note :)

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    1. J'espère aussi pour toi ! De mon côté je me suis demandée comment j'avais pu passer toutes ces années sans le lire...

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